NOS MÉTÉORES : Fictions atmosphériques

Création artistique de Marie-julie Bourgeois & Barthélémy Antoine-Loeff
avec la complicité de Nicolas Rosette
Projet porté par SIANA à la Galerie Césaria Évora d’Evry-Courcouronnes,
du 17 Janvier au 22 Février 2020 (partie I)

Partenaires : CNC-Dicréam, Diagonale Paris-Saclay, Université d’Evry (UEVE), Pôle culture et campus, Conseil Départemental de l’Essonne, Région IDF, LadHyX, la ville d’Evry, Exo-planète Terre.

Site web : https://nosmeteores.wordpress.com/
L’exposition
Les ateliers de créations

Conférence LASER, OLATS à l’incubateur du 104-PARIS le jeudi 26 Septembre 2019
Colloque Garden the sky water, Cité internationale des Arts, Paris, le 14 Juin 2019
Conférence Rond Point des sciences, Evry, Mai 2018

 

Nos Météores est un cycle d’expositions Art-Science sur le thème des Exo-climats proposées par Marie-julie Bourgeois et Barthélémy Antoine-Loeff en résidence artistique avec SIANA à Evry en 2019-2020. Ce projet de recherche regroupe des objectifs pluridisciplinaires autour de fictions à travers un ensemble d’installations conçues par les artistes s’inscrivant dans le réseau Exo-planète Terre. Notre environnement conditionne notre perception et influence notre civilisation « solaire » dans son rapport à l’harmonie homme-nature. Comment la perception d’exo-climats peut changer la perception et la compréhension de notre environnement et comment les fictions y participent?

Our Meteors is a Art-Science exhibitions cycle on the theme of Exo-climates proposed by Marie-julie Bourgeois and Barthélémy Antoine-Loeff in artistic residency with SIANA in Evry in 2019-2020. This research project brings together multidisciplinary objectives around fiction through a set of installations designed by the artists included in the Exo-planet Earth network. Our environment conditions our perception and influences our « solar » civilization in its relation to man-nature harmony. How can the perception of exo-climates change the perception and understanding of our environment and how fiction contributes to it?

Un jour chimique se lève, nos météores filent à la vitesse de la lumière, replient l’espace sur leur passage pour retomber de nouveau sur Terre. Après avoir pollué la terre et les mers, l’éther est bientôt saturé de déchets de satellites. Témoins de la «grande accélération», nos météores, dressent un bestiaire lumineux, minéral et poétique d’objets fracassés comme autant de rebuts génétiquement modifiés, terra-formés, pris dans un processus de recyclage artificiel. Aristote définissait ses météores par quatre éléments subtils qui composent notre atmosphère, longtemps nommée éther, elle devient cette «matière noire» contemporaine, encore hypothétique, qu’il reste à définir. La lumière du soleil filtrée par l’ozone s’épaissit d’une couche de particules, ces micro-déchets deviendront nos futures poussières d’étoiles. Notre désir (desirare) d’accéder aux étoiles se trouve obstrué par ces vestiges abandonnés, et irrécupérables, nos poubelles volantes non identifiées.

Programme complet Nos Météores I

   

Ces météores proposés par Marie-Julie Bourgeois et Barthélemy Antoine-Loeff cherchent vainement à quitter le sol terrestre avant de nous retomber sur le « coin de la gueule ». Ils renvoient à ces strates géologiques d’une histoire pas si fictionnelle où l’homme manipule le climat, le sol, l’air ainsi que les rythmes circadiens. Cette matière accumulée, ces références constantes aux météores d’Aristote, à l’Ether, ce vide «imaginaire» qui se sature de micro-particules de métal (déchets microniques), de plastique, de macro-déchets technologiques sont le point de départ de la résidence de recherche « Nos Météores ». A partir du point d’impact, du point de chute du météore, nous remontons sa trajectoire à revers dans l’atmosphère jusque dans l’invisible pour construire un récit rétroactif de la colonisation et de la conquête spatiale.

La colonisation de Mars ou l’exploitation des ressources de la Lune soulèveront des enjeux écologiques majeurs : que ce soit la Terraformation à partir de techniques de géo-ingénierie visant à contrôler le climat pour réparer les dégâts de l’industrialisation ou bien dans la course à l’Hélium 3, le nouvel or énergétique : Qu’allons-nous générer au sein de ces écosystèmes extraterrestres? Nos Météores aborde la face cachée de ces défis scientifiques.

TERRE BATTUE

Nous nourrissons tous l’imaginaire qu’un jour, l’homme se posera sur Mars, cette perspective semble la prochaine conquête qui anime les scientifiques, les investisseurs et qui semble justifiée sous le prétexte que notre planète polluée n’est plus habitable ni «sauvable».

Hors de contrôle depuis 2016, la station chinoise orbitale Tiangong I est retournée dans l’atmosphère le 2 avril 2018, sans qu’il ait été possible de prédire avec exactitude le moment et le point d’impact sur Terre. Elle s’est finalement échouée au large de Maupiti, non loin de Tahiti. Expérience immersive, sensible et poétique, l’installation Terre Battue présente un micro-débris provenant  de la station orbitale Tiangong I et récupéré par une habitante de Tahiti, quelques jours après la chute de la station. Matière « potentielle », elle libère les rayonnements accumulés en orbite dans un espace confiné où le visiteur est invité à entrer en respectant des mesures de sécurité : port du masque obligatoire, jauge minimale et pilule de détoxication à la sortie.

A l’intérieur, l’expérience est « ultra-sensorielle » du fait de l’énergie libérée par ce débris micronique, réentré sur Terre après avoir tourné en orbite dans l’espace pendants plusieurs années. Dans la « chambre » de confinement, le débris est conservé sous une vitrine en verre trempé et béton, le météore ayant subit la chute et l’auto-fusion, d’à peine quelques microns est «observable» sous un microscope. Il conserve l’énergie de sa chute perpétuelle vers la Terre.

Terre battue propose un conditionnement extrême, invité à entrer dans cet espace confiné, le visiteur il ressent physiquement les effets sensoriels sur son corps fragile. L’expérience esthétique est épidermique et potentiellement déceptive : elle est de très courte durée après un temps d’attente, alors qu’il n’y a «rien» à voir, le débris micronique étant invisible à l’oeil nu. L’expérience résume le fantasme de la colonisation martienne : un voyage de 6 mois, pour découvrir un climat extrême, une planète inhospitalière d’où aucun retour n’est envisagé…

Référents scientifiques : Janet Bjorg, Société Astronomique de France, spécialiste des comètes, météor et micro-débris spatiaux. & Cédric Pilorget, Maître de conférences, Univ Paris-Sud IAS – CNRS ORSAY spécialiste des exo-climats

Prospectus de la manifestation

© identité visuelle « Nos météores » : Mj Bourgeois